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Romans contemporains

Gianni le magnifique de Stéphanie des Horts : résumé du livre

Gianni le magnifique, roman de Stéphanie des Horts publié en 2025 chez Albin Michel, plonge au cœur de la saga familiale des Agnelli, l’une des dynasties industrielles les plus emblématiques d’Italie. À travers le portrait de Gianni Agnelli, héritier de l’empire Fiat, l’auteur explore l’univers d’une famille hors norme, mêlant mythe, excès et fragilités intimes dans une fresque romanesque inspirée de faits historiques.[1][3]

Genre et contexte général

Ce roman biographique s’inscrit dans la littérature française contemporaine, à la croisée du roman historique et de la biographie romancée. Stéphanie des Horts, auteure reconnue pour ses ouvrages sur des figures emblématiques comme Jackie Kennedy ou Pamela Churchill, ressuscite ici l’Italie du XXe siècle, de l’entre-deux-guerres aux années fastueuses de l’après-guerre. Le récit se déploie dans un cadre somptueux : les palaces de la Riviera italienne, les salons turinois de la haute société, les champs de bataille de la Seconde Guerre mondiale et les casinos de la Côte d’Azur. Gianni Agnelli, surnommé « l’Avvocato » ou « le dernier roi d’Italie », incarne cette époque de légende où l’industrie, le glamour et la politique s’entremêlent. L’histoire débute dans les années 1950, avec un accident de voiture sur la corniche près de Monaco, moment introspectif qui ouvre la porte aux souvenirs d’une vie à cent à l’heure. Ce contexte historique et social, riche en références à la montée du fascisme, à la Libération et à la Dolce Vita, offre un tableau vivant de l’Italie en mutation, dominée par l’empire automobile Fiat fondé par le grand-père de Gianni.[1][2][3][9]

Thèmes abordés

L’ouvrage déploie une réflexion profonde sur l’héritage familial et ses fardeaux, explorant les tensions entre devoir dynastique et aspirations personnelles. Au centre, la famille Agnelli émerge comme un Olympe de dieux modernes : une mère évoquant une héroïne préraphaélite, un père tout droit sorti des pages de Scott Fitzgerald, et sept enfants élevés dans un luxe insolent. Gianni, second de la fratrie, navigue entre adoration maternelle et sentiment d’imposture face à l’empire paternel. Les thèmes de la fragilité intérieure, de la vanité sociale et de la solitude des puissants traversent le récit, opposant l’apparat extérieur – richesse, élégance, fêtes interminables – à une « blessure originelle » : le doute d’être à la hauteur de son lignage. L’amour, sous ses formes tumultueuses, occupe une place centrale, avec des relations passionnées impliquant des figures féminines emblématiques comme Pamela Churchill, Jackie Kennedy ou l’épouse Marella. La guerre, les excès (casinos, drogue) et les drames familiaux soulignent les tragédies cachées derrière le mythe. Enfin, le livre interroge la construction des légendes : comment un homme devient un héros national, entre férocité du pouvoir industriel et vulnérabilité humaine.[1][2][3][4]

Style de l’auteur

Stéphanie des Horts déploie un style vif, ironique et élégant, caractéristique de son œuvre. Journaliste et critique littéraire formée à la rigueur documentaire, elle tisse un récit à brides abattues, nourri de sources pléthoriques – interviews, archives, bibliographie exhaustive en fin d’ouvrage. Sa plume, acérée et mondaine, conjugue le souffle romanesque à la précision biographique, avec une pointe d’humour féroce qui dissèque les apparences aristocratiques. Les descriptions sensorielles évoquent les parfums de scandale, les nuits de Riviera et l’atmosphère feutrée des salons, tandis que les portraits psychologiques, ciselés et nuancés, révèlent les ambiguïtés des personnages. Issue d’un milieu raffiné et passionnée de littérature anglo-saxonne, l’auteure excelle dans l’art de ressusciter les grandes destinées, en mêlant factualité et fiction pour une immersion totale. Son écriture, souvent comparée à celle d’une « aristocrate des lettres au goût du scandale élégant », séduit par son panache et sa liberté, faisant de chaque page un bal du siècle.[2][4][8][11]

Les enjeux principaux et l’ambiance

Les enjeux tournent autour des dilemmes existentiels d’un héritier : comment concilier beauté insolente, impertinence malicieuse et poids écrasant de l’héritage Fiat ? Gianni apparaît comme le plus chic, le plus riche, mais aussi le plus vain et fragile, confronté à des choix moraux lors de la guerre, à des excès hédonistes et à des relations amoureuses intenses. Le récit met en lumière les personnages secondaires – frères, sœurs, amantes – comme autant de reflets d’une famille insensée, unie par l’amour et déchirée par les drames. L’ambiance oscille entre euphorie mythique et tragédie grecque : fêtes étincelantes, victoires militaires ambiguës, ruines personnelles, dans une Italie de légende où le glamour masque les abysses. Sans révéler l’intrigue, le livre captive par son exploration des passions humaines – ambition, amour, trahison – et invite à méditer sur la condition des « dieux modernes ». Féroce, brillant et drôle, il offre une saga tumultueuse qui humanise une icône, rendant palpable l’Italie d’hier et ses échos contemporains.[1][2][3][12]

Intérêt pour le lecteur

Ce roman passionnera les amateurs de biographies romancées et d’histoires vraies déguisées en fiction. Il éclaire la psyché d’un homme complexe, tout en brossant un portrait saisissant de la haute société italo-européenne. Par sa documentation impeccable et son écriture addictive, Stéphanie des Horts confirme son talent pour donner vie aux oubliés des mémoires officielles, promettant une lecture immersive et introspective.[1][4]



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