« Mirage », troisième et dernier tome de la série « Mina Dabiri et Vincent Walder » (ou « Mina et le mentaliste »), est un roman policier scandinave co-écrit par Camilla Läckberg, reine incontestée du polar suédois, et Henrik Fexeus, expert en mentalisme. Paru le 4 juin 2025 aux éditions Actes Sud dans la collection Actes Noirs, ce thriller de 640 pages se déroule à Stockholm contemporaine, plongeant le lecteur dans une atmosphère sombre et oppressante des entrailles de la ville. Läckberg, née en 1974 à Fjällbacka et célèbre pour ses séries à succès comme celle d’Erica Falck et Patrik Hedström, excelle dans l’exploration de la noirceur humaine, tandis que Fexeus apporte une dimension psychologique unique grâce à son expertise en illusion et manipulation mentale. Ce volume clôt une trilogie saisissante, où tension psychologique et intrigue complexe se mêlent pour créer un suspense étouffant, idéal pour les amateurs de polars nordiques immersifs[1][3][7].
Genre et Contexte Général
Le roman s’inscrit pleinement dans le genre du thriller policier scandinave, caractérisé par son ambiance glaciale, ses enquêtes méticuleuses et son regard acéré sur les failles sociétales. L’action se déroule dans un Stockholm hivernal et inquiétant, avec un focus sur les tunnels obscurs du métro, habitat précaire de populations marginalisées. Ce décor souterrain, crasseux et labyrinthique, symbolise les abysses de la société : exclusion, survie et secrets enfouis. La narration contemporaine intègre des éléments de haute tension politique, opposant les sphères du pouvoir aux recoins oubliés de la ville, créant un contraste saisissant entre lumière et ténèbres. Les auteurs exploitent ce cadre urbain pour évoquer une menace insidieuse qui s’étend des bas-fonds aux plus hautes instances, instaurant une course contre la montre haletante sur quatorze jours[1][3][5][7].
Thèmes Abordés
« Mirage » explore des thèmes profonds comme l’exclusion sociale, les troubles de la personnalité et les manipulations psychologiques. Les marginaux du métro, souvent affectés par des vulnérabilités mentales, incarnent les exclus de la société, vivant dans l’ombre avec leurs propres codes et mémoires collectives. Le récit interroge les illusions et la réalité, jouant sur le mirage entre apparence et vérité, amplifié par le rôle du mentalisme. Des enjeux de pouvoir et de terreur visent les élites, questionnant qui tire les ficelles dans un jeu macabre. Sans révéler l’intrigue, ces motifs soulignent les dilemmes moraux des personnages confrontés à la peur, à la perte de contrôle et aux ombres du passé, tout en critiquant les dysfonctionnements sociétaux suédois[1][7].
Style des Auteurs
Camilla Läckberg et Henrik Fexeus déploient un style fluide et immersif, mêlant suspense haletant à une tension psychologique étouffante. Läckberg, maître du polar intimiste, excelle dans les portraits psychologiques nuancés et les atmosphères oppressantes, tandis que Fexeus infuse une expertise en mentalisme pour des scènes de manipulation subtile et d’énigmes cérébrales. La narration alternée approfondit les personnages au fil des pages, avec une progression graduelle vers une complexité croissante. Bien que certains lecteurs notent une longueur excessive dans les introspections, l’ensemble reste bien ficelé, sombre et addictif, fidèle à la veine nordique : descriptions vivantes des lieux, dialogues tendus et un rythme qui accélère inexorablement. Cette collaboration enrichit le récit d’une dimension illusionniste, rendant l’ambiance à la fois réaliste et hallucinatoire[1][7].
Personnages Principaux
Au cœur du récit, la détective Mina Dabiri, protagoniste récurrente de la trilogie, est une enquêtrice déterminée mais tourmentée par ses phobies et tocs récurrents, qui la rendent profondément humaine et relatable. Elle incarne la persévérance face à l’adversité personnelle et professionnelle. À ses côtés, Vincent Walder, mentaliste charismatique, apporte une aide cruciale grâce à ses talents d’analyse comportementale et de décryptage des esprits. Leur duo complémentaire – intuition policière contre expertise psychologique – forme le moteur narratif, explorant leur dynamique évolutive au fil des tomes. Des personnages secondaires, comme des figures du métro ou des officiels, enrichissent l’univers, offrant des portraits variés de vulnérabilités et de forces cachées, sans jamais verser dans le caricatural[1][3][7].
Enjeux et Dilemmes
Les enjeux principaux tournent autour d’une menace terroriste sophistiquée, mêlant découvertes macabres et disparitions de haut niveau, forçant les protagonistes à naviguer entre urgence et incertitudes. Mina et Vincent affrontent des dilemmes éthiques : confiance en leurs méthodes non conventionnelles, confrontation à leurs démons intérieurs, et pression d’une enquête qui relie passé et présent. Le récit met en lumière les tensions internes des enquêteurs – perturbations personnelles, doutes sur la santé mentale – tout en questionnant la frontière entre victime et coupable dans une société fracturée. Cette trilogie conclut sur une note intense, où les personnages doivent transcender leurs limites pour déjouer un marionnettiste invisible, laissant le lecteur captivé par l’exploration des méandres humains[1][7].
Intérêt et Ambiance du Livre
« Mirage » captive par son ambiance anxiogène et immersive, où le métro de Stockholm devient un personnage à part entière, évoquant un labyrinthe de crasse, de secrets et de désespoir. L’intérêt réside dans la conclusion magistrale d’une trilogie cohérente, nécessitant la lecture des opus précédents pour apprécier pleinement les évolutions psychologiques. Malgré des avis mitigés sur le rythme – certains saluent l’intrigue ficelée et surprenante, d’autres regrettent des longueurs –, il offre un polar d’envergure, explorant la manipulation, l’exclusion et le pouvoir avec une tension palpable. Parfait pour qui cherche un thriller psychologique dense, il illustre le talent de Läckberg et Fexeus à son meilleur : sombre, intelligent et inoubliable[1][7].
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